Le pic de nous: promesse ou actualité?

Posted on 3 septembre 2011

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Le pic de nous: promesse ou actualité?

«Demain, il y aura peu à choisir et beaucoup à souffrir.»

«Tant que la flore et la faune poursuivront leur rythme effréné d’extinction conférée, toute création supplémentaire d’un d’entre-nous reste injustifiable

«Nous n’avons qu’un ennemi: notre prolificité.»

M.T.

Je rappelle qu’un pic est un maximum atteint au-delà duquel il y a une descente, tel un sommet suivit d’une pente.

À l’annonce du 6.999.999.999ème terriens + 1, ou en réponse à ceux qui prévoient un futur sombre en raison de la surcharge humaine, un escadron de démographes commis par les grands patrons spéculateurs et profiteurs des foules caressent l’opinion publique dans le sens du poil. Ces marchands de faim, d’armes et de consommation, appuyés par leurs larbins, tous agresseurs de la biosphère, brandissent le goupillon de la vertu, constatent ou prévoient une salutaire et hypothétique stabilisation démographique d’ici une génération, soit avant le seuil fatidique des 10 milliards. C’est leur boulot, ils sont payés pour cela.

Tout au contraire, les plus écologistes et biocentristes, ceux qui pensent que l’on doit vivre sur une planète vivante, estiment que le score de 10 milliards et que même notre effectif présent de 7 milliards illustrent déjà une surpopullulation qui n’est plus compatible avec une vie en harmonie avec les éléments, que cette population surnuméraire est contraire au respect environnemental le plus élémentaire et donc au bien-être de l’homme. Pour preuves, les déclarations de guerres d’appropriations capitalistes et néocoloniales, pernicieuses ou offensives, notamment au profit de terres fertiles et de ressources du sous-sol, se font incessantes.

Une population humaine en phase avec une vie durable, garantissant une stabilité du climat, une pérennité des ressources, des paysages et des autres espèces devrait probablement se situer aux alentours de 3 milliards, ce qu’elle était il n’y a pas très longtemps, en 1960.D’innombrables intellectuels et libres penseurs, non atteints de propagandisme, l’ont dit et le disent. Tout en précisant que dans tous les cas et pour ce qui concerne la sphère occidentale, il convient de revenir à un mode d’existence moins agressif, plus sobre et moins polluant.

C’est donc maintenant ou jamais qu’il faut envisager notre pic démographique et qu’il faut commencer à nous réduire!

D’autres commentaires…

D’abord, on pourrait longuement discuter les chiffres concernant les promesses d’accalmie procréationniste, ainsi que leur interprétation. Prévisions, sondages et statistiques politiquement corrects et rassurants résistent rarement à l’épreuve du temps. Pour être prophète, il faut être pessimiste et non démagogue! Le pessimisme est en ce cas constructif.

On nous dit que nous ne dépasserons pas 9 ou 10 milliards… Et alors? Pourquoi donc fertiliser encore et encore? Faut-il pousser le bouchon jusqu’aux limites des capacités et des ressources? Une rame de métro ou un autobus ne doivent-ils rouler que bondés pour être rentables? Pourquoi cette absence de sagesse, si ce n’est pour plaire à notre instinct de procréation qui n’est plus de mise sur une Terre rétrécie et dans un monde au devenir plus qu’hypothétique? C’est seulement par irrespect et méchanceté à l’égard des enfants que l’on traite comme des otages et que l’on va plonger dans une existence difficile? En 2040, nous serons autant à naître qu’à mourir! Cela me rappelle certaines assertions entendues au temps de mon enfance, du genre: «Ils n’ont pas eu de guerre, ils mangent leur pain blanc le premier… !»; ou bien: «Qu’ils en chient comme nous en avons chié… !». Elle est belle la promesse vie! On pourrait aussi en appeler au droit de ne pas naître!

Ces démographes institutionnels qui occupent l’espace médiatique au nom des maîtres du monde s’inscrivent évidemment dans la tradition erronée et religieuse de l’homme contre-nature. Leur cécité écologique m’inquiète plus qu’elle me rassure. Ce sont des anthropocentristes purs et durs qui se croient seuls sur Terre. Ils omettent que l’homme ne survivra pas ou survivra mal dans une biosphère dégradée, dans un climat modifié, avec des écosystèmes aux trois-quarts saccagés, en occupant sans cesse davantage les niches écologiques des autres espèces. Nous avons déjà induit l’extinction de 80% des plantes et des animaux, n’est-ce pas suffisant? Faut-il cultiver, cimenter, déconstruire les paysages et détricoter davantage la biodiversité?

La désinformation ambiante passe évidemment sous silence les dates d’épuisement des richesses exploitables: 2021: fin de l’argent / 2025: fin de l’or et du zinc / 2028: fin de l’étain / 2030: fin du plomb / 2039: fin du cuivre / 2040: fin de l’uranium / 2048: fin du nickel / 2050: fin du pétrole / 2064: fin du platine / 2072: fin du gaz naturel / 2087: fin du fer / 2120: fin du cobalt / 2139: fin de l’aluminium / 2158: fin du charbon… (Source: Magazine Science et Vie hors série N° 243 de juin 2008)

Il ne fait aucun doute que la date butoir du monde tel que nous le connaissons sera celle de l’épuisement des énergies fossiles. Pour éviter tout ouragan social, économique et boursier, les compagnies pétrolières et leurs exégètes évitent de faire trop de bruit à propos du pic pétrolier (ou début de la fin) et de sa date. En aucun cas nous ne serons à l’heure pour remplacer le pétrole à hauteur de l’extravagante consommation de notre surpopulation puisque tout provient du pétrole, du gaz ou des dérivés, jusqu’à l’alimentation qui en dépend à 99%. Les réserves de pétrole non conventionnel ne pourront évidemment pas compenser, seulement compléter un court laps de temps. Le solaire et l’éolien ne représentent aujourd’hui que 0,1% de la production énergétique mondiale et aucune énergie renouvelable n’est en mesure de prendre le relai. Cette déplétion pétrolière est inévitable et la question n’est plus de savoir si elle aura lieu, mais quand elle aura lieu. Certains estiment que nous avons déjà atteint le pic, comme l’Agence Internationale de l’Énergie qui le date de 2006. D’autres voix autorisées pensent qu’il surviendra entre 2010 et 2020, rares sont ceux qui le situent après 2020. Nous avons déjà consommé quelque 1200 milliards de barils, soit grosso modo la moitié des réserves. Dites-vous bien que ce pic des énergies fossiles marquera la dégringolade de l’humanité telle que nous la vivons. Il n’y aura aucune alternative, nous ne pourrons y survivre à hauteur de notre effectif, ni de celui d’aujourd’hui, ni de celui de demain, même tempéré par les démo-économistes de service.

N’en déplaise à une mythologie écologique propagée par les agresseurs de la planète, au stade où il est défait, on ne pourra plus refaire le monde, tout au plus stopper l’hémorragie pour gérer les restes et jouer des prolongations plus ou moins viables pour une ou deux générations. Cette mythologie ordinaire est le fruit de mythomanes, lesquels mentent parce qu’ils craignent la réaction de dévalorisation qu’entraînerait l’aveu de la réalité.

Aveuglée par un humanisme contre-productif qui est source d’irrespect écosystémique et coupable d’un infini gaspillage, l’humanité vit déjà à crédit et consomme une planète et demie par an, soit bien plus que ce que la Terre est en capacité de lui offrir.

«Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou, ou un économiste.»

Kenneth Boulding

«Celui qui croit qu’une démographie exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou, ou un démographe. »

Michel Tarrier

Le pic de nous doit être une actualité, pas une promesse fallacieuse.

Si vous pensez qu’il faut vivre moins nombreux pour que tout le monde puisse tout simplement vivre, lisez:

Faire des enfants tue la planète. Éloge de la dénatalité, de Michel Tarrier

http://www.amazon.fr/Enfants-Tue-Planete-Tarrier-Michel/dp/2360260197

Si, au contraire, vous pensez qu’il faut continuer à mettre sur Terre des enfants au risque qu’ils connaissent une vie invivable, alors lisez:

L’apocalypse démographique n’aura pas lieu: 7 milliards d’hommes sur la planète, de Fred Pearce

http://www.amazon.fr/dp/2732447471

Entre-nous: Nous sommes écologiquement moins coupables en élevant un petit chat ou un gros chien qu’en faisant un enfant!

Michel Tarrier

Écologue, écosophe

http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Tarrier

http://www.facebook.com/micheltarrier

http://www.facebook.com/group.php?gid=138959779453554