Le Maroc, un pays «malade du mouton»

Posted on 22 août 2011

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Le Maroc, un pays «malade du mouton»
   
«La montagne marocaine, si l’on y prend garde, court vers sa ruine définitive. La destruction de la végétation engendre la ruine économique, et celle-ci provoque la dépopulation.»Louis Emberger (1938) 
«Il n’est pas douteux que les pays du Maghreb, à quelques nuances près, constituent dans le monde méditerranéen la région actuellement soumise à une somme de menaces sans doute égalée nulle part ailleurs, en zone tempérée tout au moins.»Pierre Quézel

 

 

Paysages défigurés, écosystèmes dénaturés, forêts aux sous-bois dégarnis, biodiversité banalisée, sol écorché, lessivages catastrophiques, destructions irrémédiables, le Maroc est atteint par le surpâturage chronique, le Maroc est «malade du mouton».

 

 

Les ravages de ce pastoralisme intempestif induisent une véritable pandémie écologique, un écocide lent, un risque d’extinction massive des plantes et de la faunule débouchant sur une mort biologique du sol, déjà nu et squelettique en bien des régions, qu’elles soient montagnardes ou mésétiennes, forestières, steppiques ou présahariennes, à tous les étages de végétation et dans tous les bioclimats. Quelque 30 millions d’ovins, de caprins et de camelins déciment les formations herbacées et arbustives, et les dégâts irréversibles sont parfois hallucinants. Les fins d’été trop sèches, dans la foulée des corruptions ordinaires, la tendance est croissante à laisser complaisamment les troupeaux franchir les périmètres en défends, à violer les clôtures des reboisements qui représentent pourtant les derniers beaux restes biocénotiques à l’abri du saccage. Qui plus est et dans la promesse démocratique – le pastoralisme étant aussi devenu «pâture» électoraliste – l’état gestionnaire succombe à la pression de l’oviculture, abdique, et ouvre tous les sites qui, depuis fort longtemps, étaient tenus en retrait du pacage. Les tribus pastorales, tout comme les gros propriétaires, ne sont pas exclus des stratégies électorales… Il faut plaire. Pour le touriste naïf et qui s’apitoie un peu trop facilement sur «le pauvre berger», précisions que si ce berger gardien du troupeau n’est effectivement pas dans une situation reluisante, il n’est le plus souvent, et notamment dans les régions les plus agressées par le surpâturage, qu’un subordonné, et que ces millions de têtes sont pour la plupart la propriété spéculative de gros propriétaires absents d’une classe privilégié et très souvent citadine. Il s’agit pour ces éleveurs de tirer le meilleur parti de tout ce qui est appétible, en un minimum de temps, d’un pernicieux détournement des droits coutumiers et donc d’un abus d’usage, d’une main mise sur un capital patrimonial légitime et l’avenir du bled est le cadet de leurs soucis. Pour comble, il n’existe au Maroc aucune traçabilité des petits herbivores dont seul le berger-otage sait à qui appartiennent les bêtes qu’il garde.

 

 

En Afrique du Nord, l’anachronisme le plus saillant est censément celui du parcours en forêt. Deux exemples édifiants. 900.000 moutons paissent au sein des modestes cédraies du Parc national d’Ifrane, soit un troupeau sept à huit fois supérieur à ce qu’il devrait être dans un espace non protégé. On dénombre plus de 3 millions de têtes (notamment de caprins et camelins) dans l’arganeraie, forêt claire affine à la steppe arborée de la vallée du Souss! Depuis longtemps prohibé sur le revers nord de la Méditerranée pour ses effets néfastes (élimination des régénérations, des rejets et des basses branches par broutage, piétinement entraînant tassement et solifluxion des sols), le parcours forestier – en principe extensif – est une tradition encore vivace dans les pays du Maghreb. Et nous sommes bien loin d’une vaine pâture dont la sporadicité pourrait permettre un bénéfique éclaircissement du sous-bois. Sédentaire et répétitif au quotidien, il participe à une destruction effarante et représente désormais le plus dangereux des droits d’usage. Il est des figures de conservation dont la géométrie variable est indécente. Les réserves de la biosphère, les parcs naturels, les parcs nationaux et autres SIBE (sites d’intérêts biologiques et écologiques), éreintés par le bétail, sont de celles-là. Une législation jamais pratiquée est supposée établir la capacité de charge des parcours forestiers et permettrait de décider de la taille du troupeau que peut soutenir la forêt. Rien ne peut raisonnablement expliquer cette croissance exponentielle qui a doublé en un quart de siècle, de façon concomitante avec une sècheresse de plus en plus récurrente. L’irruption dans les plaines et les vallées de diverses monocultures productivistes a rendu peu à peu impraticable cette transhumance verticale qu’était l’agdal, véritable gestion durable avant la lettre, permettant un repos salutaire des pâturages. La majorité des troupeaux reste donc coincée dans les forêts et sur des versants élevés où l’hiver est si rude que seul l’émondage des arbres permet de nourrir les troupeaux. Dans ces conditions d’exploitation avide, aucun semis naturel n’a la moindre chance de croissance, la pérennité de la forêt est condamnée et les Atlas ne sont plus que des montagnes exsangues, usées jusqu’à la corde. Les populations vont payer cher cette gestion sans le moindre discernement car les conséquences sont parfaitement documentées: érosion, perte de la porosité du sol, lessivages, inondations meurtrières, disette des ressources en eau. Tandis que l’on tente d’introduire le parcours extensif dans les sous-bois de l’autre rive (comme dans le Massif des Maures), et ce pour lutter contre l’envahissement de la végétation herbacée et ligneuse que l’on estime responsable de l’extension des incendies, alors que le pastoralisme raisonné est souvent vu comme un régulateur en certaines régions de l’Europe humide, une véritable «fabrique de moutons» investit les écosystèmes maghrébins semi-arides et subhumides, fragiles et fragilisés, aboutissant évidemment à l’effet inverse, au saccage, au déclin puis à l’anéantissement du substrat, à la banalisation de la biodiversité.

 

 

Quant à la chèvre, elle n’est pas en reste et se montre bien trop prééminente dans les paysages d’Afrique berbérique. Sa présence ne peut qu’être envisagée avec modération, à dose «homéopathique», quand il s’agit du contrôle de certains végétaux sclérophytes à tendance envahissante. Au Maghreb, les troupeaux exclusifs de chèvres, d’un effectif souvent très fourni, commettent de grands dégâts. Vorace, ce ruminant est un champion de la destruction, ne laisse rien sur son passage et porte atteinte à l’ossature même d’un écosystème forestier. La chèvre domestique s’est toujours attiré les foudres des autorités ou des protecteurs de la nature. «Ne fais pas d’une chèvre ton jardinier!» énonce un proverbe hongrois. Le problème est d’autant plus pénible que c’est par tradition la «vache du pauvre», et que sa limitation revêt un évident et délicat problème social. Encore qu’en connaissance du terrain, on comprend vite que dans la plupart des cas, l’élevage caprin ne représente qu’un signe de prestige dérisoire, source de revenus tout relatifs et constituant finalement un capital plutôt symbolique, une «économie de consomption» qui n’est plus de mise. Déjà, dès 1669 en France (nous devions pourtant être encore loin des risques de désertification actuelle ou des prémices d’une quelconque écoconscience…), des mesures conservatoires édictées par une ordonnance des Eaux et Forêts allaient se traduire par une série d’arrêts dirigés contre les usages immémoriaux de «parcours et de vaine pâture», visant notamment à exclure les caprins «de tous les lieux où les arbres d’espérance doivent être préservés de leurs dents venimeuses». Durant tout le XVIIIème siècle français, les troupeaux communaux vont se heurter à l’opposition systématique de l’État, gestionnaire de la plupart des forêts. Aujourd’hui en Afrique du Nord, la réduction de la charge caprine est une mesure incontournable pour sauver ce qu’il reste des formations écosystémiques. Un seuil de tolérance a été fixé par la FAO en 1981. Il est de 0,8 tête de petit ruminant à l’hectare. Dans l’arganeraie marocaine et certains secteurs du Moyen Atlas central, la charge moyenne frise le décuple. Une dérive si aberrante n’autorise aucune remontée biologique.

 

 

Le Maroc est épuisé par ce surpâturage et notre «lépidoptéromètre» est au rouge dans bien des habitats. L’alerte n’est pas nouvelle, bien des spécialistes dénonçaient en vain l’abus d’usage dès le début du siècle passé. De nombreux experts préconisent d’inverser urgemment les tendances par des mesures volontaristes et radicales de restriction à l’égard de cette forme inconsidérée d’élevage, agrémentées de programmes économiques alternatifs à l’intention des populations les plus démunies. A ces recommandations, il est soit répondu par le dédain de la sourde oreille, soit timidement avancée une absence d’interlocuteurs du côté des usagers pastoraux. Les droits (de détruire) sont peut-être séculiers, mais l’avènement capitaliste d’une agriculture de rente et l’incidence démographique exigeraient de change la donne de ces us et coutumes. Les pays nantis sont quant à eux lourdement responsables de cet état de chose. C’est aussi en consommant moins de viande que le terrien omnivore sauvera sa planète.

 

 

L’hécatombe du Moyen Atlas: l’ «écologue légiste» vous dira de quoi est morte votre région…

 

 

Foresterie et surpâturage: aux innocents les mains pleines! Amis marocains et amis du Maroc, voyageurs du savoir et naturalistes nostalgiques, entomologistes globe-trotters et ornithologues munis de permis d’observer(!), ne pleurez plus la Maâmora fossile, ne pleurez plus l’arganeraie massacrée, ne pleurez plus la forêt morte de Genévriers thurifères, sortez maintenant vos mouchoirs pour les restes de la cédraie!

 

 

Après l’assaut final porté cette dernière décennie à la cédraie marocaine, pourtant identifiée Parc national, voici que se pose officiellement la question d’une réévaluation de sa biodiversité dans l’objectif de sa proclamation comme Réserve de la biosphère. Détruire pour sauvegarder ce qui n’est plus, tel est le concept tout autant surréaliste que coutumier qui préside à l’avenir des écosystèmes. Le citoyen de la planète plus ou moins à l’écart du sujet, voire même les organismes internationaux qui président aux labels, peuvent être dupes en se montrant séduits par le seul aspect du hochet conservatoire. Mais certainement pas l’expert naturaliste de terrain, celui qui sait que l’enveloppe est dorénavant vide, celui qui a assisté au fil des ans, et en vitupérant en connaissance de cause, à l’altération croissante des espaces, à la banalisation des espèces, à leur recul, puis enfin à leur éviction ou à leur éradication. En matière de patrimoines de l’humanité, la nuance non négligeable entre un monument culturel (dit historique) et un monument naturel, est que pour le néophyte – et notamment quand il s’agit d’une formation forestière – le second demeure toujours à l’état de «beau paysage», sous forme d’architecture vide, même après l’éradication de son contenu biologique. Ce sont les forêts abiotiques. Evidemment, c’est tout de même mieux qu’une coupe à blanc- étoc car l’on caresse toujours l’idée d’une recolonisation par la flore et la faune si l’on décide de restituer une paix relative à la nature. Puisque nous sommes hélas incapables de «laisser les lieux aussi propres en sortant qu’on les trouvés en entrant!». Mais j’ai aussi quelques preuves qu’on ne reconstruit pas un écosystème, mais que cela est très utiles pour les statistiques: un cèdre séculaire + 1000 plants en raviers, dont 90 % ne passeront pas le premier été = 1001 cèdre, une forêt! «Ils reboisent!»…

 

 

Finalement, il suffisait de parler de développement durable, de biodiversité, de lutte contre la désertification, pour assister à un assassinat collectif de la nature, à un manque total de discernement dans la gouvernance des ressources, à une politique de la table rase des plantes et des animaux, à une hécatombe des paysages, à une mort du sol, à un véritable acharnement pour tout désertifier au plus vite. Comme toujours quand s’en mêle la politique, le remède est pire que le mal.

 

 

Quand un «malade» doit partir à l’hôpital pour subir une autopsie, on peut lui conseiller d’emporter avec lui une grande valise vide…! Eh oui, l’autopsie, c’est après la mort…! Dans bien des régions du Maghreb déjà rongées et galvanisées, l’écologue n’est plus que le pathologiste au service d’un corps sans vie. Quand il ne veut pas l’avouer, il se fait le servile collaborateur d’une mascarade qui consiste à superposer sur des espaces anéantis des listes de plantes et d’insectes qui n’existent plus que dans une bibliographie mélancolique datant du «début de la fin», soit des années 1970 ou 1980, celles où l’on s’exténuait à tirer la sonnette d’alarme, forts de relevés comparatifs entre une dernière poignée de sites encore très fournis et une grande majorité d’autres déjà vidés de leurs composants. Observateur d’espèces sentinelles, le naturaliste les utilise et les propose comme témoins de la santé des sites. Mais comme tout le monde s’en fout, le même naturaliste se retrouve vite au chevet des écosystèmes. Puis le cœur n’y est vraiment plus quand, pour ce «médecin de famille», il s’agit d’assister à l’enterrement de sa nature chérie, parce que trop grugée par ceux qui prennent et ne laissent rien. Le grand public qui fréquente les bois et les campagnes pour jouer au ballon ou pour laver sa voiture, et même les plus hautes instances trop occupées à se gargariser lors de pompeux symposiums, n’y voient que du feu. Faut dire qu’inventorier les végétaux ou les invertébrés d’une vaste région demande pour le moins une dizaine d’années. Si les programmes des plans directeurs ne proposent que quelques jours pour ce faire, c’est soit que les concepteurs du projet n’y connaissent absolument rien, soit qu’ils savent déjà qu’à vue de nez, il n’y a plus rien, et que le rapport de «l’écologue légiste» sera vite exhaustif! Mais à quoi bon pratiquer l’autopsie de la cédraie? A quoi bon s’éterniser dans un désert biologique, dans un écosystème banalisé dont il ne reste que des arbres fossiles ? A quoi bon inventorier des écoinçons, de maigres espaces réfugiaux momentanément «oubliés», où survit en sursis un dernier Lycène sur sa dernière Fabacée ? A quoi bon se faire gorge chaude de résidus populationnels sans potentiel génétique, quand le compte à rebours est quasiment consommé? Pourquoi devoir sonder une vacuité de bio-indicateurs en guise d’autopsie de sites naturels morts et enterrés? Ce faux-semblant ne vise plus qu’à soutirer quelques sous à la Banque Mondiale, ou à égayer les catalogues touristiques des tours opérateurs.

 

 

Qu’il soit pauvre pasteur semi-nomade et analphabète, détenteur de quelques têtes, ou gros propriétaire nanti exploitant le premier pour la garde de son troupeau surnuméraire, l’usager ne voit hélas pas plus loin que le bout de son nez. C’est pourquoi l’État est là pour fixer ou réviser les règles, avec obligation de résultats, et non pas s’attribuer le jeu équivoque et soi-disant «démocratique», consistant à abdiquer face aux incessantes exigences (toujours plus…) de nouveaux pâturages, regrettant pathétiquement une absence d’interlocuteurs quant il s’agit de dialoguer à propos de conservation des derniers sites. Se préoccupe t’on de l’opinion usagère quand il s’agit de faire respecter le code de la route, de faire payer le contribuable ou, pour les pays du mouton, de veiller au respect du jeun pendant le ramadan ? En matière de préservation du biopatrimoine, le contribuable doit être tenu à des normes radicalement imposées, une politique volontariste doit être de mise. Tout autre discours ne relève que de la démagogie, d’un détournement du bien commun, d’une fourbe gestion du pastoralisme à des fins de corruption ou dans un illégitime souci électoraliste. C’est un complot funeste contre le capital vert et le futur, avec comme objectif inavoué: la destruction d’un pays par la mise en pièces du vivant et des écosystèmes, par l’éradication de ses ressources.

 

 

Des sites naturels du Moyen Atlas central, il ne reste rien. Alors, vive la désertification!

Le concept placebo

«Quand l’Homme ne tue pas l’Homme, il tue ce qu’il peut, c’est à dire ce qui l’entoure. Il sort de son cadre, veut prendre la place des forêts et des animaux, souille les rivières, pollue l’air, se multiplie sans raison, se bâtit un enfer et s’étonne ensuite naïvement de n’y pouvoir vivre.» René Fallet

Les preuves sont manifestes, on n’a jamais autant détruit les paysages que de nos jours, comme s’il suffisait de parler de développement durable pour que tout s’évanouisse, comme si le discours cosmétique cachait une sombre réalité, voire d’innommables agissements. Un Maroc se meurt, celui d’une nature si riche par le passé, celui du sol, de l’eau et des ressources naturelles. Et comme partout, les enjeux écologiques ne semblent intéresser personne, ou alors en dilettante, en version lénifiante et édulcorée, sous la pression d’une imposture verte qui se fout du quart comme du reste mais fait son beurre sur le thème. Tout se passe vraiment comme le dit plaisamment Nicolas Hulot, l’homme aux shampoings : «La société dans laquelle nous vivons ressemble à une espèce d’avion de ligne où tous les voyants seraient au rouge dans le cockpit et qu’à l’arrière on continue soit à boire le champagne soit éventuellement à se quereller».

 

 

Pourtant, pauvreté et dégradation de l’environnement sont des phénomènes à rétroaction positive, à savoir que les conséquences de l’une rendent l’autre inévitable. Quand on parle de sauvegarder le biopatrimoine, le souci humanitaire est toujours en contrepoint. Il n’est que de rappeler, entre autres récentes catastrophes marocaines dues au drame de la terre dénudée, celle de la vallée de l’Ourika, non loin de Marrakech, le 17 août 1995, dont les précipitations torrentielles et les éboulements ont fait 2000 morts et quelques 155 millions de dirhams de dégâts.

 

 

Innocemment peut-être, l’un des gestionnaires prééminents du milieu naturel marocain, décideurs de l’essentiel du foncier des zones naturelles, semble reconnaître implicitement que la mission première de conservation ne fut pas remplie en changeant son ancien intitulé: l’ancien Ministère des Eaux et Forêts «et de la conservation des sols» a pris pour titre un tantinet plus démago-réaliste celui de Haut Commissariat aux Eaux et Forêts «et à la lutte contre la désertification». Le rafraîchissement du logo illustre la dernière formule disponible avant le chaos, et n’empêche nullement la plupart des forestiers de continuer à considérer la forêt comme une mine à piller et non pas un capital naturel à gérer. Nous ne savons plus qui fut l’auteur, il y a déjà bien longtemps en France, et lors d’affrontements rhétoriques avec l’O.N.F., de cette friande analogie consistant à comparer nos forestiers à des carriers auxquels on confierait l’Arc de Triomphe en gestion: ils en vendraient les pierres!

 

 

Michel Tarrier

Écologue, écosophe