– Quand le solaire tombe dans le panneau

Posted on 27 juin 2011

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QUAND LE SOLAIRE TOMBE DANS LE PANNEAU

Les promesses fallacieuses du Grenelle de l´Environnement n´en finissent pas de faire des victimes. C´est au tour du secteur photovoltaïque de souffrir de sérieux revers suite à un complet retour de veste qui divise par deux les crédits d´impôts aux particuliers, qui revoit très à la baisse le tarif de rachat de cette électricité et qui adopte un moratoire sur l’obligation d´EDF de racheter aux installations de grande envergure l’énergie solaire aux conditions tarifaires en vigueur, suspendant dans la foulée les nouvelles demandes de raccordements.

 

Le solaire s´assombrit sous les décombres du Grenelle

«Il est mort le soleil », chantait Nicoletta quand nous n´avions pas encore acquis l´écoconcience nous donnant à penser que tout allait bientôt tourner court, que nos caprices capitalistes étaient en inéquation avec une règle éminemment scientifique, celle de la finitude planétaire, et que la seule ressource vraiment intarissable n´était que la crédulité citoyenne.

Dans la ligne de la schizophrénie ordinaire du petit pas en avant, et de deux autres en arrière, on ne se lasserait pas d´énumérer les reniements des successifs pseudo-engagements des Grenelle élyséens. Certes, peu de gens y crurent dès l´origine et ceux qui s´y précipitèrent étaient les éco-businessmen soucieux de ne pas rater un train et des ONG affairistes qui flairaient bon la caillasse, ainsi qu´une foule de candidats-larbins désireux d´être adoubés et galonnés par un Président qui de tout temps n´a jamais porté Gaïa dans son coeur. Dans le contexte tant du Pacte dit écologique que des Grenelle qu´il insuffla, il ne s´agissait en fait que de la très banale vision environnementale d´un usager jardinier-anthropocentriste entendant aménager la Nature à sa guise, et non d´une écologie vraie dont la pure notion échappe au personnel politique. Les espoirs fallacieux s´écroulèrent au dernier Salon de l´Agriculture où une envolée sarkozyste énervée, gesticulatoire et nauséeuse affirmant que l´environnement «ça commence à bien faire» vint clore la période verte de l´actuel pontificat présidentiel. Le sieur Borloo s´en est allé et une trop élégante Marie-Chantal regagna les corridors dorés d´un sous-ministère amputé. Et voici maintenant qu´on en finit plus d´égrainer le rosaire des retours à la case départ.

Pour cause de crise invoquée et aussi d’une remise à plat post-remaniement, parlementaires et sénateurs passent allègrement au karcher la plupart des engagements majeurs: abandons de la taxe carbone, de celle des sacs plastique (ces emballages qui mettent un demi-siècle à se dégrader), renoncement à l´obligation d´affichage environnemental des produits, part belle finalement faite aux OGM, au Cruiser et autres ennemis de la Nature et de notre santé, renvoi aux calendes grecques de la promesse d´un bio qui devait atteindre 20% d´ici 2012 alors qu´il ne décolle pas d´un 2% minable, etc. Quand aux emplois verts, ils semblent fondus dans les chiffres du «chômer plus pour gagner moins».

Mais voici maintenant la cerise hors saison sur le panneau photovoltaïque et les mauvaises nouvelles n´en finissent plus d´accabler le solaire, un secteur pourtant plein de promesses. Le premier coup de semonce – véritable trahison – fut la division par deux du crédit d’impôt des particuliers volontaires à l´équipement, chutant de 50 à 25%. Puis voilà que le tarif de rachat de l’électricité photovoltaïque par EDF n´en fini pas d´être revu à la baisse. Enfin, c´est un décret paru ce mois-ci au Journal officiel qui vient suspendre pour trois mois l’obligation d´EDF de racheter aux installations de grande envergure l’énergie solaire aux conditions tarifaires en vigueur. Le moratoire concerne les installations supérieures à 3 kW. Les fermes photovoltaïques au sol et les exploitants de grandes toitures devront désormais se soumettre à des quotas modulables en fonction de la quantité de projets en attente. Dans la ligne, toutes les demandes de raccordement pour des installations solaires photovoltaïques présentées depuis le 2 décembre sont suspendues. Pour les professionnels du solaire, c’est jusqu´à 70% de l’activité qui se voit condamnée.

 

Une bulle solaire ferait suite au mirage du Grenelle

En matière de responsabilités, les dérives de quelques gros opérateurs sont dans le collimateur. En spéculant démesurément sur ce marché suite à l´euphorie du Grenelle, EDF Energies Nouvelles, filiale d’EDF à 50%, aurait créé une véritable bulle. Pour maximiser leurs profits, les sociétés ont aussi recours aux panneaux un tiers de prix moins onéreux fabriqués en Chine, pays producteur de 90% des modules installés dans le Monde.

La France est pourtant censée atteindre en 2020 le seuil qu’elle s’est fixé dans le cadre du Grenelle, à savoir 5 400 MW de photovoltaïque, soit l’équivalent de six réacteurs nucléaires. Et selon le syndicat des professionnels de la filière solaire, l´essor induit par les mêmes promesses grenelliennes devait créer quelque 52’000 emplois nouveaux au même horizon 2020. Mais en matière de technologies moins onéreuses, il paraîtrait qu´il ne faut pas en faire trop aujourd’hui afin de ménager des marges de manoeuvre pour pouvoir en faire davantage demain! C´est d´autant plus regrettable que l’explosion des demandes de raccordement en 2009 avait tenu les promesses nées de l´effet d´aubaine: la puissance totale du parc photovoltaïque atteignait 720 MW au 30 septembre, chiffre attestant une hausse de 137% par rapport à la fin 2009. C´est maintenant le coup d´arrêt brutal.

Voyez, toutes les promesses relatives au développement durable ne sont que temporaires.

http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2641_abandon_solaire_France.php

 


Michel Tarrier

Écologue, écosophe

http://www.amazon.fr/Dictature-verte-Tarrier-Michel/dp/2812701404

http://www.amazon.fr/Nous-Peuple-dernier-Survivre-bient%C3%B4t/dp/2296105629/

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http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Tarrier

 

Publié le 22 décembre 2010