– Pourquoi les ONG écolos et les partis Verts ne sont-ils pas animalistes?

Posted on 26 mai 2011

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ÉCOLOGISME UNIVERSEL

Le petit jeu des questions et des réponses peut éclairer des lanternes

POURQUOI LES ONG ÉCOLOS ET LES PARTIS VERTS NE SONT-ILS PAS ANIMALISTES?

Et quelques autres questions connexes et immensément naïves…

Voici des questions candides qui nous préoccupent tous un peu, beaucoup, passionnément.

Les réponses sont somme toute un peu simplistes et lamentablement pragmatiques puisqu’elles tendent sans exception à démontrer la compromission dans une démagogie permanente et un désir de recette maximale.

Allons-y…

Peut-on protéger à la fois la Nature et les bourreaux des animaux?

Peut-on s’avouer respectueux du Vivant sans être anti-spéciste, anti-chasse, anti-vivisection, anti-cirque, anti-corrida, anti-fourrure et pire, ne pas chercher à promouvoir le végétarisme, voire le véganisme?

Pourquoi – par exemple – le WWF fait-il la promo du bio et pas du végé?

Pourquoi le même WWF ne défend-il que les espèces protégées et cautionne la chasse et les safaris?

Pourquoi en est-il ainsi de la plupart des ONG se disant écologistes?

Et pourquoi des mouvements politiques comme Europe-Écologie et les Verts restent-ils muets sur ces sujets?

Pourquoi la déontologie écologiste est-elle ainsi amputée?

Et pour résumer, peut-on donc écologiser sans moraliser?

Réponse:

Oui, la preuve!

Question:

Mais alors, comment s’y prendre pour faire la part des choses, pour se retrouver militant d’un deux poids, deux mesures?

R:

Rien n’est plus simple, il suffit de se complaire dans la schizophrénie ordinaire, d’ignorer l’éthique et la probité, d’être cynique et insensible à la douleur, de continuer à se vautrer dans la vie contre-nature et la barbarie qui sont les deux mamelles de l’anthropocentrisme.

Q:

C’est quoi être «anthropocentriste»?

R:

C’est déjouer l’écoconscience en se montrant collectivement et universellement égoïste en faisant de l’homme un roi de la création, en plaçant l’animal humain sur un piédestal illusoire, au sommet d’une pyramide mégalomane, en apothéose de l’écosystème planétaire afin d’user, d’abuser et de disposer de tout à notre guise.

Un anthropocentriste qui se croit écologiste se ment à lui-même, il n’est qu’un stupide environnementaliste, un type qui au lieu de se placer au milieu du Vivant s’autoproclame maître, supérieur et dominant.

Q:

Mais dans quel but?

R:

La question est dans la réponse.

Par exemple, dans le cas du WWF qui promeut le bio et pas le végé, pourquoi en est-il ainsi? Parce que le bio flatte en visant avant tout la santé humaine, alors que le végétarisme demande un effort sur nos satanées habitudes culturelles et vise au respect des autres espèces. Il faut donc se faire violence et ce n’est pas gratifiant. Une telle croisade exigerait un difficile effort du public et serait peu rentable pour une ONG dont l’objectif est nécessairement de séduire le plus grand nombre possible de gens pour les fédérer, les affilier.

Même raisonnement quand il s’agit d’élire des animaux sympathiques et emblématiques comme le panda ou le tigre pour susciter leur protection (souvent vaine) et l’afflux de dons. Tout écologue vous dira que le lombric et le bousier sont écologiquement plus utiles, mais allez donc faire pleurer Margot avec un lombric en peluche et un bousier en badge! Nos éco-larmes sont celles du crocodile et pas folle la guêpe…

Q:

Que peut-on ainsi gagner à se voiler la face, à recourir à une politique de l’autruche?

R:

Rien, sinon gagner du temps pour jouir et profiter en stupides courtermistes que nous sommes, puis disparaître dans la foulée des ressources que nous aurons épuisées.

Q:

Donc, l’humanisme à courte vue équivaut à un autogénocide?

R:

Absolument.

Q:

L’humain a-t-il toujours agit ainsi depuis la nuit des temps?

R:

Non, pas du tout, et non loin de nous, les peuples premiers vivaient sobrement, parcimonieusement, respectueusement, plutôt en autarcie et sans esprit d’appropriation, en phase avec les interdépendances.

Q:

Pourquoi les avons-nous génocidés plutôt que de les respecter en suivant leur exemple?

R:

Parce que leur chemin qui consistait à maintenir l’ordre spécifique du cosmos ne nous plaisait pas, parce que nous préférons celui qui provoque les pires ruptures d’équilibre.

Q:

Mais pourquoi donc?

R:

Parce que notre intelligence est contreproductive à long terme, que nous avons la mémoire courte et que nous sommes frappés d’une effrayante cécité écologique. Nous sommes ainsi contre-nature depuis notre endoctrinement par le dogme des religions révélées, celles créationnistes et négationnistes de l’évolution. Notre semblant de civilisation a pour fondement le monothéisme qui induit un homme dominateur, démiurge, à l’image du dieu inventé, ce qui engendre un incessant rapport de force, le besoin de tout prendre, de ne rien laisser derrière nous, de faire la guerre non seulement aux autres hommes mais surtout à la Nature, de pratiquer une politique de la terre brûlée pour stocker des butins dans les banques. C’est ainsi que, de fil en aiguille, naquirent le capitalisme et son frère le socialisme industrialiste, lesquels ont saigné Gaïa aux quatre veines et tout anéanti autour de nous.

Q:

Mais alors, si les écologistes qui prétendent réparer les erreurs et rétablir les valeurs ne se montrent pas davantage volontaristes et radicaux, cela ne prouve pas-il pas que leur pratique de l’écologisme est partielle et partiale, plus politique et racoleuse que la lucidité du modèle théorique?

R:

Vous avez tout compris. Et surtout le pourquoi de l’invention d’un certain nombre de cautères sur nos jambes de bois planétaires tels que sont le développement durable et l’économie verte!

Q:

ET QU’EN EST-IL DE LA DÉMOGRAPHIE? N’EST-ELLE PAS DIRECTEMENT LIÉE AU SOUCI PLANÉTAIRE?

R:

Bien sûr que oui, c’est même en amont la cause majeure de toutes nos misères puisque l’effectif surpopulationnel est en évidente et délirante inéquation avec les ressources disponibles, la plupart définies par la finitude planétaire.

Q:

Mais alors, pourquoi la question est-elle évacuée?

R:

Pour les mêmes raisons stratégiques que celles dont nous parlions juste avant, parce qu’il s’agit d’une vérité qui dérange, d’un thème impopulaire, politiquement, économiquement et religieusement incorrect, et que les gens qui font dans l’écologisme ne cherchent pas à se montrer sincères mais seulement efficaces pour leurs petites affaires, que ce sont soit des businessmen, soit des politicards, que leur communication doit plaire coûte que coûte parce que seul importe pour eux le succès facile. Après les écologistes le déluge.

Q:

Pour raisonner par l’absurde, pourquoi Europe-Écologie et les Verts qui d’ailleurs ne s’affichent ni végétariens, ni dénatalistes, ne soutiennent pas la chasse pendant qu’ils y sont? Cela pourrait leur rapporter plus d’un million de voix?

R:

Parce que, dans le jeu de la démagogie électoraliste, il faut aussi savoir jusqu’où on peut pousser le bouchon, jusqu’où on peut aller trop loin sans devenir absolument ridicule! Comme les socialistes désormais tous à droite!

Q:

Donc on se fout de notre gueule, le monde court à sa perte et ça ne changera jamais?

R:

JAMAIS! Et c’est bien pour cela que ce troisième millénaire risque de n’avoir qu’un siècle.

Encore une question monsieur le moraliste:

Finalement, si on est vraiment humain, animé d’une sensibilité écologique qui se conjugue logiquement avec un tant soit peu d’empathie à l’égard de nos frères animaux, mieux vaut se rapprocher des mouvements animalistes comme la Fondation Bardot, la LPO, Peta, Alf, Dignité animale, le Crac et beaucoup d’autres…, dont le travail n’est nullement politique mais seulement de cœur et de conviction?

R:

C’est clair!

Parce qu’on est jamais si bien servi que par soi-même, Michel Tarrier, écologue et écosophe, fit ainsi les questions et les réponses.

Il est l’auteur extralucide et énervé de quelques livres fous de vérités cinglantes, comme:

Dictature verte, 300 pages, aux Presses du Midi:

http://www.amazon.fr/Dictature-verte-Tarrier-Michel/dp/2812701404

Nous, peuple dernier. Survivre sera bientôt un luxe, 448 pages, aux éditions L’Harmattan:

http://www.amazon.fr/Nous-Peuple-dernier-Survivre-bient%C3%B4t/dp/2296105629

Faire des enfants tue… la planète. Éloge de la dénatalité. (Réédition complétée). À paraître aux éditions LME:

http://www.lamaisondeditions.fr/faire-des-enfants-tue…-la-planete.html

Publié le 20 novembre 2010