– parodie au bord du gouffre

Posted on 1 mars 2011

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Billet envoyé par Michel Tarrier le 8 décembre 2009

Deux oiseaux symboles de notre mode de vie. Ça, on sait faire.

L’humain au plus loin de la Nature, challenge réussi.
Et maintenant : étonnons-nous !

Parce qu’au pied du mur par la loi du système, on marche dans la combine mais on n’est pas dupes.
Le pouvoir croit le peuple né de la dernière pluie parce que conditionné par la manufacture du comportement.
Pris pour des cons depuis toujours, les braves gens n’ont absolument rien choisi en leur âme et conscience.
Qui plus est les premiers donneurs d’alerte, ceux qui eurent raison trop tôt, furent toujours moqués, invectivés ou poursuivis par les gardiens du système, y compris les écologistes pionniers qui n’eurent pas les honneurs des Al-Gore et autres pharisiens du jour.

2040 : il y aura autant de gens à mourir de faim que d’enfants à naître !
Ne parlons surtout pas de surpopulation au sommet de Copenhague !

LE CAPITALISME NOUS BALLADE

Écogitations de derrière les fagots…
Il y a ceux qui trient leurs déchets, et ceux qui les mangent.

Au bout du rouleau, sur une planète en déliquescence, juste pour jouer les prolongations avec force d’éco-lubrifiants, l’ultralibéralisme nous promène par le bout du nez sur le chemin de ses propres repentances. Il nous mène en bateau en nous exhortant à faire amende honorable en son nom. Il nous met la tête dans le bain de son cloaque et nous devons nettoyer pour lui les écuries d’Augias. Et voici que nous avons pour mission nouvelle de rafraîchir l’atmosphère qu’il a réchauffée pour s’en mettre plein les fouilles. Et nous sentons venir l’entourloupe : le chèque qui sera émis par les plus gros pollueurs des pays nantis ira directement aux plus riches des pays pauvres.

Voici quelques étapes initiatiques au nouveau chemin pour éco-pèlerins de bonne volonté.
Cette grande ballade d’une récupe de justesse pour un capitalisme en sursis et repeint de vert passe notamment par :
Le développement durable pour absoudre l’ultralibéralisme.
L’économie verte pour justifier la mondialisation.
Le commerce équitable en contrition de l’OMC.
L’agriculture bio et celle raisonnée (!) pour mieux cacher le productivisme agrochimique.
Le sacro-saint tri des déchets pour esquiver la surabondance d’emballages inutiles.
L’écotourisme pour se dédouaner du tourisme de masse.
L’habitat écolo-bobo comme repentance élitiste aux cités dortoirs.
1% de moulins donquichottesques pour expier les marées noires, l’extraction des sables bitumineux et les 14 milliards de bénéfices d’une seule compagnie.
Le Grenelle et autres pantomimes aux vœux pieux comme livre des recettes cosmétiques.
Et bien sûr, l’overdose convenue du réchauffement climatique pour brouiller les pistes du flambeau pétrolier.

Complétez vous-même la liste des subterfuges au consumérisme et de la bonne conscience du marché en découpant selon les pointillés démagogiques et en collectionnant les belles images du greenwashing.

Fins stratèges, les plus gros pollueurs ont tous leurs fondations environnementalistes et financent les grands tribuns héliportés de l’écologisme poudre aux yeux, fées Carabosse d’un libéralisme décomplexé.

Et bien d’autres plans dans l’art de décevoir pour faire des dividendes, comme en parquant des paysages pour les faire visiter, en protégeant les espèces une fois éradiquées, en reboisant de plants centimétriques des forêts séculaires abattues…, et autres rustines pour une planète exsangue.

Il y a incompatibilité entre une société globalisée dirigée par le marché et la préservation de la biosphère. Je me tue à le répéter et l’on me dit pessimiste parce que lucide.

Un univers mental ne renonce jamais à lui-même si des forces extérieures ne l’y contraignent pas. Le système a saturé tout l’espace disponible et est à l’origine de tensions de plus en plus fortes. Pour les masquer, ceux qui nous gouvernent pratiquent la politique des réalités contradictoires, nouvelle philosophie cynique de l’oxymore, totalement déroutante pour l’esprit.

(Ne dites pas à ma mère que je suis décroissant, elle croit qu’on a raté sa vie quand on n’a pas une Rolex à 50 ans.)

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NOUS, PEUPLE DERNIER
Les fruits de l’homme sont empoisonnés et détruisent la Terre.
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