– la tête dans le four

Posted on 1 mars 2011

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Billet envoyé par Michel Tarrier le 28 octobre 2009

«Le minimum scientifiquement nécessaire pour combattre le réchauffement de la planète dépasse largement le maximum politiquement faisable pour ne pas perdre les prochaines élections.»
Confidence d’Al-Gore* à Bill Clinton (* Avant qu’il ne devienne diva du vert combat)

«Le rêve environnemental est une société égalitaire, basée sur le rejet de la croissance économique, sur une décroissance démographique, une alimentation à partir des éléments de base de la chaîne alimentaire, sur une moindre consommation, et un partage de moins de ressources mais plus équitablement.»
Aaron Wildavsky (Professeur de science politique et de politiques publiques à Berkeley, il critiqua farouchement le mouvement écologiste dans son ouvrage Risk and Culture).

«Pourquoi ne veut-on pas croire ce que l’on sait ?»Yann Arthus-Bertrand (Génial photosophe acrobate)

BIENTÔT LA TÊTE DANS LE FOUR CLIMATIQUE

L’humain est la seule et unique espèce contre-nature

Les gens ont peur de la nuit, de la forêt, des herbes qu’ils déclarent « mauvaises », de certains animaux qu’ils estiment « sales bêtes », de tout ce qui se cache, de ce qui rampe, de ce qui pique. A nous voir vivre, ainsi habités par de vieux démons d’un autre âge, handicapés par notre myopie écologique et tellement déconnectés du vivant, il n’est pas étonnant que nous cherchions à feindre les méfaits d’un changement climatique annoncé. L’homme civilisé semble tant mépriser la Nature, le capitaliste prédateur montre une telle détestation pour la naturalité vraie, qu’ils contribuent, au jour le jour et à force de petits gestes et de grandes déprédations, à rendre irrespirable leur planète et inhabitable leur maison du Quaternaire.

L’invention de la destruction, c’est nous. Les vandales de la planète, c’est nous.

Le résultat de ce comportement suicidaire est que le compte à rebours est entamé et que l’humanité va se retrouver Gros-Jean comme devant, au mieux en pleine débâcle planétaire et au seuil de l’invivable, au pire la tête dans le four d’une désertification globale.

Un effort de guerre est demandé

Si la Nature est erronément honnie par l’homme moderne, l’écologisme ne doit pas être pour autant un produit dérivatif pour vils voyeuristes vivant hors-terre, se contentant de déplorer le désastre vu du ciel. Ce nouveau paradigme doit bel et bien servir de levier pour soulever les consciences endolories, pour réveiller un somnambulisme doublé d’une incompétence écologique à nulle autre pareille.

L’effet de serre est connu depuis 1896. Svante Arrhenius, prix Nobel de chimie en 1903, prédisait et quantifiait déjà l’augmentation de la température terrestre du fait de l’industrialisation. Une chose est certaine, la concentration de l’atmosphère en CO2 est plus élevée qu’elle ne l’a été sur les 650.000 dernières années. Les émissions de CO2 qui représentent plus des trois-quarts des émissions mondiales en 2004 ont progressé de plus de 80 % depuis 1970, et de plus de 28 % depuis 1990. Contrairement au méthane qui montre un temps de résidence court, le CO2 persiste longtemps avant d’être détruit puisqu’il faut une centaine d’années pour que la moitié de celui émis aujourd’hui disparaisse. Cela signifie que les effets de nos rejets présents seront supportés par nos enfants et petits enfants. Nous devons donc minimiser au plus vite nos émissions. Pour cela, il faut les diminuer à l’échelle de la planète de 3 gigatonnes d’équivalent carbone d’ici 2050. Si l’on répartit équitablement cette diminution entre tous les Terriens, cela veut dire 500 kilos d’équivalent carbone par personne. Le Nord-Américain moyen devrait diminuer ses rejets par un facteur 10, et le Français moyen par un facteur 4. Pour fixer les idées, 500 kilos d’équivalent carbone, c’est un aller simple Paris-New York, ou 5.000 kilomètres en roulant en ville en petite cylindrée. Il conviendrait donc d’envisager déjà la fin du transport aérien de masse et de l’emploi systématique de la voiture individuelle. Sinon, nous n’aurons pas le temps d’épuiser les ressources d’énergies fossiles que l’effet de serre nous rattrapera avant. Si cette réduction n’est pas maîtrisée volontairement, elle sera imposée à l’humanité dans le chaos et la catastrophe des guerres, des épidémies et des famines (Lire : 2050, Sauve qui peut la Terre ! ). Cela plaide donc en faveur de l’Europe, qui souhaite limiter à 2 ºC l’augmentation de la température par rapport à celle qui prévalait avant l’ère industrielle.

Est-ce bien judicieux de polémiquer sur des subtilités thermométriques ou sur les pronostics de l’élévation du niveau des océans ? Bien sûr que non. Que l’on soit écolo-thermiste convaincu ou négationniste par espièglerie, au-delà des polémiques d’exégètes remettant en cause les méthodes évaluatives du GIEC, que ce réchauffement ne soit qu’à peine anthropique et qu’on nous prouve qu’au temps des Vikings les ours blancs n’étaient pas polaires, ça change quoi ?

Quelle que soit la conviction induite par l’option scientifique retenue, n’est-il pas sage d’institutionnaliser une économie plus sobre en carbone, ou bien faut-il attendre d’exagérer « encore plus » et de transformer l’océan en lac d’acide ?! Juguler les excès d’une société en roue libre, ce n’est pas revenir au temps des cavernes.

Si nous voulons survivre, il faut rendre la Terre à la Terre et réduire nos rejets est l’un des moyens les plus pragmatiques. Copenhague est l’occasion d’un formidable et légitime consensus pour que l’homme dit sage limite ses abus d’usage. On ne sauvera rien si on ne sauve pas tout.

Il faut non seulement repenser nos plus petits gestes, mais aussi nous solidariser en signant l’ultimatum climatique pour que le tout prochain Sommet de l’ONU sur le climat soit décisif d’un changement. L’objectif à atteindre est le million de signatures afin d’exercer une pression massive sur les décideurs gouvernementaux, dont le comportement politique est trop animé par le courtermisme électoral et pas assez avivé par les perspectives futures. La lutte contre le réchauffement est un enjeu majeur pour des lendemains supportables.

De deux choses l’une, ou bien vous rejoignez le consensus scientifique en signant l’appel et vous aurez la conscience tranquille, ou bien vous vous laissez aller à écouter les tergiversateurs, et vous prenez le risque plus que probable que d’ici 2050 la vie humaine devienne aléatoire, que les pays nantis voient l’invasion d’un milliard de réfugiés climatiques et que notre Terre ne soit plus qu’une fosse commune.

« Le changement climatique et ses impacts dévastateurs peut être évité si nous agissons avec détermination dans les 5 prochaines années pour nous tourner vers une économie à faible teneur carbone. Ce choix sera porteur d’emplois et de mieux-être, qu’attendons-nous ? » (WWF)

Signons, ou nous sommes « cuits » !

Michel Tarrier
Naturaliste, écosophe
(À priori contre les pétitions)

Pour signer, ce n’est pas plus loin qu’ici :
http://www.copenhague-2009.com/

Pour toute question sur le thème, c’est là :
http://www.manicore.com/documentation/serre/index.html

Pour les dissidents qui signeront quand même, c’est par là :
http://www.liberterre.fr:80/gaiasophia/gaia-climats/generaux/ecolo-…

Une complainte pour Copenhague :
http://www.youtube.com/watch?v=xAQsGdcLl4c

 

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